A la télévision du 4 au 11 mai 

Titre Date  Heure  Chaîne Durée Commentaires
Au Bolchoï 4.5.2007 1:20 Arte 60 min. Pendant un an, Christian Schulz a suivi de jeunes élèves soumis à la terrible discipline du Bolchoï. Dur et émouvant.

Ce documentaire sur la fameuse et impitoyable école du Bolchoï parvient à atteindre un difficile équilibre en information et émotion. Le parti pris - suivre pendant un an de jeunes élèves - fonctionne merveilleusement. Depuis la sélection d'entrée jusqu'à l'examen de passage, il ausculte avec pudeur la périlleuse avancée de ces enfants et adolescents soumis à une discipline, un rythme de travail et une tension sans appel. Tous ne résisteront pas au surmenage qu'implique cet apprentissage du métier de bête de scène. On perçoit dans les corps très vulnérables de certains la pression qu'exerce ce choix de vie, souvent porté par les parents.

Le père de Natacha, l'une des deux élèves auxquels s'attache plus particulièrement le réalisateur, reconnaît d'ailleurs que sa fille réalise son rêve et que, dès son plus jeun âge, il lui assouplissait le corps. Plus retenu, le père de Pavel, adorable gamin de 10 ans originaire d'un milieu modeste et provincial, confie que quand il a appris que son fils était sélectionné, " c'était comme s'il recevait une boule de neige en pleine figure ". Pavel a réussi l'examen de passage. Son père viendra pour la première fois de sa vie à Moscou, pour le voir et découvrir le ballet classique à travers une représentation de " La Belle au Bois dormant ". (Télérama)
Des Allemands dans la Résistance
5.5.2007 0:05 France 3 55 min. Pendant la dernière guerre mondiale, il y eut en France plus de mille Allemands antifascistes qui se sont engagés pour lutter aux côtés des résistants français, notamment dans les maquis de Lozère et des Cévennes. Ce documentaire évoque ces faits de résistance méconnus.

Longtemps négligée par l'histoire officielle, la participation d'un millier d'Allemands à la Résistance sur le sol français a inspiré à Jean-Pierre Vedel un documentaire articulé autour de la parole et du destin d'une poignée d'entre eux. Des hommes et des femmes résolument antifascistes, qui se joignirent aux résistants français pour contribuer à l'échec des nazis. Telle Yvette Bloch, comptable dans une banque toulousaine de la Wehrmacht, qui déroba un jour de paie plusieurs millions de francs pour en faire bénéficier une organisation clandestine. Ou ces anciens officiers des Brigades internationales, qui mirent à profit leur expérience de la guerre dans un combat dont tous ne revinrent pas.

S'il s'applique à leur rendre un hommage mérité, Jean-Pierre Vedel peine à organiser leurs témoignages de manière à composer un récit cohérent, qui permettrait de lire l'histoire de ces " traîtres à la patrie ", comme de sonder leurs motivations et d'établir le détail de leurs activités. Toujours est-il que cette " Résistance allemande en France " éclaire un champ historique relativement méconnu et qui reste problématique, comme le souligne Ernst Melis. Cet ancien membre du groupe Travail allemand rappelle qu'en 1994 le chancelier Kohl dissuada Edouard Balladur d'inviter au défilé du 14 juillet une vingtaine de résistants allemands, arguant du fait qu'il s'agissait de communistes. A voir avec des 14-18 ans. (Télérama)
Trafalgar 5.5.2007 20:45 Arte 55 min. Ce docu-fiction sort la grosse artillerie pour retracer la déculottée française. Si les choix esthétiques - inégaux - déréalisent la reconstitution de la bataille, le film propose une spectaculaire leçon de stratégie militaire axée sur le duel entre deux amiraux : Nelson et Villeneuve. A regarder avec des 11-18 ans.

Trafalgar, 21 octobre 1805 : 4 700 morts pour la flotte franco-espagnole ; 450 du côté anglais. Il aura fallu cette catastrophe pour que Napoléon abandonne définitivement ses vues sur l'Angleterre. L'histoire a retenu le nom de l'amiral Nelson, redoutable stratège de la Royal Navy, mais s'est empressée de noyer celui de Villeneuve, qui commanda les escadres française et espagnole.

Le réalisateur Fabrice Hourlier fait reprendre du service au malheureux sur le pont d'un " Bucentaure " virtuel, impressionnant navire modélisé en 3D à partir de plans d'époque. Les choix esthétiques, assez inégaux, tendent à déréaliser la reconstitution de la bataille : les couleurs des images de synthèse sont inspirées de tableaux du XIXe siècle, un halo ridicule entoure la silhouette des personnages et les éternels candélabres en arrière-plan semblent tout droit sortis d'un dessin-animé.

Mais, et c'est là l'essentiel, le film réussit le double pari qu'il s'était fixé : impressionner le téléspectateur par la violence des affrontements et lui apprendre le pourquoi et le comment d'une pareille déculottée. Des historiens français et britanniques rendent clairement compte des deux stratégies militaires sans tomber pour autant dans la schématisation.

Le personnage de l'amiral Villeneuve, loin d'être une illustration prétexte de leurs analyses, apporte un éclairage psychologique déterminant sur l'issue des combats. Trafalgar cesse alors d'être une date infamante sur un manuel d'histoire pour devenir un duel palpitant entre l'intelligence des deux amiraux. (Télérama)
Tropiques amers (1/6, 2/6, 3/6)

5.5.2007 20:45 TSR 1 150 min. A travers l'émancipation d'une jeune esclave, cette saga retrace l'histoire de la Martinique à la fin du XVIIIe siècle. Querelles territoriales, rivalités amoureuses, revendications abolitionnistes : les éléments romanesquesA travers l'émancipation d'une jeune esclave, cette saga retrace l'histoire de la Martinique à la fin du XVIIIe siècle. Querelles territoriales, rivalités amoureuses, revendications abolitionnistes : les éléments romanesques servent une fresque historique passionnante.

Saint-Pierre de la Martinique, 1788. Entre Olympe, l'aristocrate très Ancien Régime qui rêve encore des fastes versaillais, et Théophile Bonaventure, le self-made-man à qui la société antillaise et son système esclavagiste a ouvert la route de la prospérité, le fossé est immense.

Ce premier épisode fait de cette rencontre impossible la toile de fond du film. Car le vrai fil rouge de cette épopée martiniquaise est le parcours long et douloureux d'une jeune esclave, Adèle, vers l'affranchissement. Jolie, futée, fille d'Amédée, l'intendant et homme de confiance du maître, elle va s'éprendre de Koyaba, jeune chef mandingue qui vient d'être raflé en Afrique, tout en devenant l'objet du désir (passionné) de Théophile. La route sera longue, car si l'idée de l'abolition de l'esclavage fait son chemin d'Haïti jusqu'à la Convention, elle est loin d'avoir de l'écho en Martinique, devenue brutalement propriété anglaise.

Ce téléfilm réussi nous montre donc de l'intérieur la vie d'une " habitation " où deux mondes parallèles se côtoient et se mêlent parfois, mais dont l'un, celui des " békés ", a le pouvoir de vie et de mort sur l'autre, celui des esclaves. Si la place de chacun y est soigneusement décrite, selon des critères historiques dont les scénaristes se sont soigneusement nourries, la crédibilité du projet tient à la qualité de l'interprétation des trois héros principaux. Car entre ces trois-là, les enjeux sont forts : amour-haine entre Théophile et Adèle ; confiance, cruauté et trahison entre Théophile et Amédée ; doute, tendresse et conflit servent une fresque historique passionnante. (Télérama)
Arrêt sur images 6.5.2007 12:35 France 5 55 min. Daniel Schneidermann et ses enquêteurs continuent d'ausculter la télévision sous toutes ses formes et dans tous ses excès. Le sérieux des enquêtes et la qualité des échanges ouvrent le champ à une critique riche et pointue. Ce décryptage pertinent de l'image permet ainsi chaque semaine aux téléspectateurs de contrebalancer de façon salutaire la toute-puissance de la télévision. Autour du thème et des invités de la semaine, les chroniqueurs apportent des éléments d'analyse afin de mieux comprendre les enjeux liés aux images. La première partie de l'émission s'intéresse aux images marquantes de la semaine. La seconde consiste en un dossier thématique qui donne la parole aux invités, acteurs ou auteurs des séquences filmées incriminées. Par ces différents regards critiques, le téléspectateur apprend à " lire " la télévision. (France 5)
Prix TSR du roman et Prix TSR littérature ados : les vainqueurs
6.5.2007 21:50 TSR 2 65 min. Florence Heiniger remet officiellement le « Prix TSR du Roman 2007 » à Ananda Devi pour « Eve de ses décombres » et le « Prix TSR littérature ados 2007 » à Pierre Bottero pour « L’autre : Le souffle de la hyène ». En présence des écrivains élus, ados et adultes délivrent leurs impressions de lecteurs après 12 mois d’aventure littéraire.

Pour la troisième année consécutive, Florence Heiniger remet les deux prix littéraires de la TSR au Salon international du livre et de la presse. Lancés en 2004 à l’enseigne de Sang d’encre, « Le Prix TSR du Roman » et le « Prix TSR littérature Ados » couronnent des ouvrages francophones qui ont été présentés tout au long de l’année dans l’émission produite et présentée par Florence Heiniger.

« Prix TSR du Roman 2007 » : Ananda Devi

Un comité de sélection réuni par Florence Heiniger a choisi douze romans francophones – trois étaient romands - parus entre janvier et décembre 2006. Les critères de sélection ont tenu compte du plaisir et de la qualité de la lecture mais également de l’esprit de découverte, de la qualité et de l’inventivité de la langue et de la diversité culturelle. Les ouvrages sélectionnés ont ensuite été soumis à la lecture du jury officiel. Après une première délibération, les six derniers ouvrages en lice étaient : « La corde de mi » d’Anne-Lise Grobety (Ed. Bernard Campiche) ; « Fils unique » de Stéphane Audeguy (Ed. Gallimard) ; « En nous la vie des morts » de Lorette Nobécourt (Ed. Grasset) ; « Contours du jour qui vient » de Léonora Miano (Ed. Plon), « Ouest » de François Vallejo » (Ed. Viviane Hamy) et « Eve de ses décombres » d’Ananda Devi (Ed. Gallimard).

Ananda Devi

L’œuvre d’Ananda Devi, originaire de l’Ile Maurice, est nourrie à la confluence de deux grandes cultures : L’Inde et l’Europe. Auteure d’une dizaine de romans, elle a publié 4 ouvrages chez Gallimard dont « Le Long Désir » et « Eve de ses décombres ». L’interview de l’écrivaine et la présentation de son livre figurent sur le site www.sangdencre.ch

« Prix TSR littérature Ados 2007 » : Pierre Bottero pour « L’autre : Le souffle de la hyène »

Le « Prix TSR littérature Ados », premier du genre en Suisse romande, est décerné à un ouvrage de littérature dédié aux 13-16 ans. Un comité de sélection représentatif de la littérature pour adolescents a retenu douze ouvrages. Quant au jury officiel, il était constitué de 14 délégués âgés de 13 à 16 ans issus des 7 cantons romands.

Pierre Bottero

Né le 13 février 1964 à Barcelonnette (France), Pierre Bottero a été instituteur à Pélissanne, petit village où il vit avec son épouse et ses trois filles. Il se consacre aujourd’hui entièrement à l’écriture de livres pour la jeunesse. Grand amateur de fantastique, il a écrit notamment la trilogie « La quête d'Ewilan » (Ed. Rageot) qui lui a valu de nombreux prix. « L’autre : Le souffle de la hyène » (Ed. Rageot) est le premier tome d’une nouvelle trilogie. L’interview de l’écrivain et la présentation de son livre figurent sur le site www.sangdencre.ch. (TSR)
La télévision des Pakistanais 7.5.2007 20:15 Arte 30 min. Longtemps outil de propagande, la télévision pakistanaise est devenue, depuis l'ouverture du marché audiovisuel en 2002, un porte-voix de la société. Emblématique de sa nouvelle liberté de ton, le magazine Uljhan Suljhan, animé par une femme, donne la parole aux téléspectateurs. A découvrir avec des 13-18 ans. (Arte)
La Prise de l’Elysée
7.5.2007 20:55 France 3 115 min. Les bulletins de l’élection présidentielle française 2007 sont à peine dépouillés que le film de Moati est déjà en boîte, racontant par le menu cette dernière course présidentielle. Un carnet de campagne aussi piquant qu'édifiant, malgré les obstacles rencontrés en chemin - le verrouillage de la communication des candidats n'étant pas le moindre.

Chaque élection présidentielle apporte son lot de documentaire. C'est donc sans surprise, mais avec tout de même un petit sentiment d'excitation collé à la rétine, qu'on attend le film de campagne réalisé par le débonnaire Serge Moati, dont les premières images remontent à cet hiver et les dernières au soir du second tour, soit la veille de la diffusion - le montage du film devait être achevé dans la nuit. Les premières séquences que nous avons pu visionner sont à la hauteur des films précédemment réalisés par Moati (pour les résidentielles de 1995 et de 2002, pour les municipales parisiennes de 2001) : à la fois savoureuses et édifiantes.

En prenant comme fil rouge la hantise d'un second 21 avril, l'auteur et ses équipes glanent des instantanés de campagne qui, passés au polissoir d'un montage vif et de commentaires espiègles, retranscrivent admirablement les enjeux, les rebondissements, les temps forts de cette élection. Mais cette année, Moati - comme l'ensemble de ses collègues - a dû faire avec la crispation des candidats sur la question de leur image, leurs attachés en communication veillant à ne rien laisser filtrer. Parce qu'il a longtemps tenu les caméras officielles du PS et qu'il partage, avec quelques élus, des origines tunisiennes, Moati a longtemps bénéficié d'un accès facilité aux cénacles politiques. Cette fois-ci, mis à part Le Pen, qui a accepté de le recevoir, il a dû se contenter de suivre des seconds couteaux : Vincent Peillon, Rachida Dati, Jean-Christophe Lagarde, Nadine Morano. La parole est tout aussi leste, sinon plus, les images tout aussi parlantes, les mécaniques stratégiques et électoralistes tout aussi bien démontées par le regard averti, oscillant entre tendresse et ironie, de l'animateur de " Ripostes ". La comédie humaine est féroce, elle instruit autant qu'elle délecte. (Télérama)
Adieu, Pluton! 7.5.2007 22:30 Arte 50 min. Découverte par Clyde Tombaugh, un fermier de l'Arizona passionné qui photographiait les mouvements du ciel, Pluton est entrée dans le système solaire et les livres de science en 1930. Quarante fois plus éloignée du Soleil que la Terre et 500 fois plus petite, elle a préservé son statut de planète pendant soixante ans. Jusqu'à ce que des astrophysiciens ne soupçonnent qu'elle soit un gros astéroïde. A regarder avec des 14-18 ans. (Télérama)
Tarnation 8.5.2007 1:40 Planète 90 min. Nouvelle écriture du documentaire fiction, autofiction réaliste, dans TARNATION, Jonathan Caouette bouleverse les genres et se place en spectateur-acteur de son existence névrotique. A voir avec des élèves dès 14-15 ans.

Pas moins de cent soixante heures de rushes capturés dès l'âge de huit ans, filmés en Super-8, mais aussi des bribes de messages enregistrés sur répondeur, de journaux intimes vidéo, de ses premiers courts métrages et de plongées visuelles dans la culture pop des années 80... Jonathan Caouette agence brutalement les images de sa vie torturée par un montage troublant et chronologique. La narration sous-tendant l'ensemble constitue une envolée lyrique d'une rare beauté rimbaldienne. D'autres scènes sont reconstituées, pour esquisser le portrait d'une famille texane implosée, traînant sa psychose congénitale... Douloureux et fort comme le sentiment. d'exister une fois! (Planète)
La vie d’un cheval 8.5.2007 17:15 France 3 30 min. Afin de nous initier aux rudiments de l’équitation, de l’élevage et du dressage, Fred et Jamy nous emmènent dans les haras du Pin, font une démonstration de trot et de galop, puis emmènent leurs chevaux chez le maréchal-ferrant pour poser des fers. A voir avec des 9-15 ans.
2007 : l@ c@mp@gne du Net
8.5.2007 20:45 Arte 55 min. En 1965, la télévision faisait irruption dans la campagne présidentielle française. En 2007, c'est au tour d'Internet de s'inviter dans les débats. Plongeant dans la blogosphère, "Thema" décrypte son influence et son interaction avec le travail des journalistes des médias traditionnels. Des blogueurs aux QG Internet des candidats, chacun y va de son clic pour peser sur les débats. Qui sortira gagnant de ces affrontements politiques en ligne ?

Les candidats se sont tous mis à Internet, avec plus ou moins de bonheur. Mais ils sont peu nombreux à avoir entendu cet appel au renouvellement du débat que lancent les internautes. Sur la Toile, les réactions se déchaînent. Sont-elles représentatives de l'ensemble des électeurs français ? Y a-t-il des "e-favoris" parmi les candidats ? S'efforçant de répondre à ces interrogations, le film part à la découverte des différents acteurs de la présidentielle sur le Net : équipes Web des candidats, "e-militants", blogueurs plus ou moins influents... Il suit la chronologie de cette campagne numérique, des premières escarmouches d'automne (la vidéo montrant Ségolène Royal parlant des professeurs, à Angers) jusqu'aux grandes batailles du printemps. Il tente également de cerner le rôle d'Internet en tant qu'outil politique et démocratique, pointant au passage la difficulté avec laquelle les médias traditionnels prennent la mesure de ce phénomène et de ses règles du jeu. (arte)
Le Monde dans l’arène 8.5.2007 21:40 Arte 65 min. La campagne présidentielle 2007 filmée au jour le jour dans l'atmosphère enfiévrée du service politique du "Monde”, le “grand quotidien du soir".

Le temps où les journalistes faisaient l'opinion semble révolu. Au cours de cette campagne, nombre de chroniqueurs politiques se sont vus exclus des plateaux télé. Leurs confrères de la presse écrite sont-ils épargnés par cette perte d'influence ? Comment rendent-ils compte de cette élection ? Pour le savoir, Jean-Louis Comolli et Michel Samson ont suivi au plus près le travail du service politique du Monde. Jour après jour, ils dévoilent comment les différents membres de l'équipe - rédacteurs en chef, reporters, chefs de rubriques, responsables du journal en ligne... -, analysent, interprètent, reformulent les termes et les enjeux de la bataille pour le fauteuil présidentiel. Dans l'urgence, qui est le lot des salariés d'un quotidien, sous la pression des faits et des infos sorties par d'autres médias, ces journalistes font face à toutes sortes de difficultés pour exercer leur métier. D'autant qu'ils doivent désormais prendre en considération un paramètre nouveau : l'interaction entre la version papier du journal et son propre site Internet. (Arte)
Le dessous des glaces de l’Antarctique 9.5.2007 23:30 Arte 12 min. En cette année polaire internationale, le magazine de Jean-Christophe Victor nous explique les enjeux liés à ce continent inhabité, au statut particulier.
La publicité, séductrice ou manipulatrice ? 10.5.2007 10:25 TV 5 55 min. Le magazine belge présenté par Jean-Claude Defossé s’interroge sur la place de la publicité dans notre société, sur ses dérives et sur la révolution marketing en cours qui délaisse télévision, radio, cinéma, presse et affiches au profit de nouvelles techniques : guérilla marketing, marketing viral, buzzmarketing, neuromarketing…
A voir avec des 14-18 ans.
La leçon de discrimination




10.5.2007 20:05 TSR 1 65 min. Pour sensibiliser ses élèves aux mécanismes de la discrimination, une institutrice québécoise s'est livrée à une expérience. Elle a séparé sa classe en deux groupes, les petits et les grands. Pendant une journée, elle a systématiquement favorisé le groupe des petits. Et le lendemain, elle a donné tous les privilèges aux grands. L'exercice a fonctionné de façon sidérante: qu'ils tiennent le rôle des bourreaux ou celui des victimes, les enfants se sont totalement pliés aux règles de la ségrégation.


Annie Leblanc enseigne dans une école primaire de Saint-Valérien-de-Milton, en Montérégie. Un milieu très homogène, bien loin de la mosaïque multiethnique des grands centres. Pourtant, il y a de la discrimination dans sa classe de troisième année, à l’école Saint-Pierre. Bon an mal an, les élèves se trouvent un souffre-douleur. Cette année, Pierre-Luc, de par son obésité, est victime des moqueries de ses pairs.

Que pourrait bien faire Annie Leblanc pour sortir la ségrégation de sa classe? Pour faire prendre conscience aux enfants des mécanismes de la discrimination? Pendant deux jours, elle va se livrer à une expérience hors du commun. Elle va faire vivre la discrimination à ses élèves. Avec l’accord de tous les parents, de la commission scolaire et de la directrice de l’école, l’enseignante a fait vivre la discrimination à ses élèves pendant deux jours. Elle a bien pris soin, au début, de leur dire qu’il s’agissait d’une expérience sur la discrimination. Elle s’est servie de la taille des enfants pour les séparer.

Les grands et les petits

Elle a expliqué aux enfants que des études scientifiques prouvaient que les petits étaient généralement plus intelligents, plus rapides, plus sages et plus créatifs, qu’ils étaient supérieurs aux grands. Les grands, a-t-elle ajouté, sont plutôt maladroits, indisciplinés, bruyants et paresseux. Ainsi, les élèves mesurant moins de 1,34 m ont eu droit à des privilèges de toutes sortes. Quant aux autres, ils ont dû porter un dossard rouge toute la journée, et l’enseignante n’a pas perdu une occasion d’expliquer leur moindre erreur par le fait qu’ils étaient grands.
Le lendemain, Annie Leblanc a inversé les rôles, prétextant avoir reçu un appel du patron de la commission scolaire. L’enseignante a raconté aux élèves que son patron, un homme très grand, était mécontent de l’expérience menée en classe et qu’il l’avait convaincue que, finalement, les grands étaient supérieurs aux petits. Ces derniers ont dû, à leur tour, porter le dossard pour la journée.

L’équipe de reportage a filmé ces deux jours en classe, avec plusieurs caméras pour bien capter les remarques des enfants et leurs réactions. Ces images sont bouleversantes. L’exercice a fonctionné de façon sidérante. Dès le premier jour, dès les premières heures. En enfilant le dossard rouge, certains se sont sentis amoindris et ils ont vivement éprouvé les injustices dont ils étaient la proie. Plusieurs élèves ont pris goût aux privilèges et à cette impression d’être supérieur. La plupart des enfants se sont lancés à fond dans l’expérience, comme victime ou comme bourreau, selon qui portait le dossard. Ces deux journées n’ont pas été faciles à vivre, ni pour les élèves ni pour l’enseignante. Des élèves ont pleuré, d’autres ont abaissé leur compagnon de classe sur la base de leur grandeur, d’autres étaient frustrés ou en colère. Et, le premier jour, lorsque les enfants sont revenus de la récréation, au lieu de former un seul rang, comme d’habitude, ils se sont spontanément séparés en deux groupes. D’un côté les petits, de l’autre, les grands…

Un autre regard

La leçon de discrimination semble avoir porté ses fruits. Les élèves ont compris qu’on pouvait faire un parallèle entre cette expérience et le traitement réservé à un de leur camarade obèse, Pierre-Luc. Après l’exercice, la vie à l’école s’est améliorée pour lui. Certains enfants ont bien compris qu’il y a lien très fort entre les encouragements et l’estime de soi. Est-ce que cela va les influencer à long terme ? Difficile à dire. Mais il semble réellement que leur regard sur la différence ait changé. (TSR)
La télévision des Colombiens 10.5.2007 20:15 Arte 30 min. Parmi les émissions phares de la télé colombienne, un magazine d'investigation à haut risque qui s'en prend au gouvernement, aux narcotrafiquants, à la guérilla et à la misère sociale ; mais aussi les telenovelas et un rendez-vous incontournable : un édito religieux en direct qui rebondit sur l'actualité. A découvrir avec des 13-18 ans. (Arte)
Lumières noires
10.5.2007 22:55 France 2 60 min. En septembre 1956, se tenait à la Sorbonne le premier Congrès des écrivains et artistes noirs, sous la houlette d'Alioune Diop. Présents, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Richard Wright. Retour passionnant sur ce qui restera comme un événement fondateur du débat identitaire noir.

En septembre 1956, la Sorbonne accueille un événement sans précédent : le premier Congrès des écrivains et artistes noirs, rassemblant des figures comme Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Richard Wright ou James Baldwin. Une rencontre inédite, initiée par Alioune Diop (fondateur de la revue " Présence africaine "), destinée à dresser un inventaire culturel des diverses composantes du " monde noir ", lui donner une visibilité, et préparer son émancipation dans un contexte colonial en pleine mutation. A l'époque, la France se débat avec l'Algérie, les États-Unis s'affolent de l'émergence du marxisme en Afrique et aux Antilles, et, depuis la conférence de Bandung, les pays du tiers-monde font entendre leur voix… Un climat d'ébullition qui pousse les puissances occidentales, notamment la France et les États-Unis, à vouloir encadrer, voire manipuler, ce congrès jugé potentiellement " subversif "…

Truffé d'archives, et émaillé de témoignages passionnants (René Depestre, Aimé Césaire, historiens du colonialisme…), le documentaire reconstitue les moments clés de ces journées historiques, dégage les lignes de fracture qui parcoururent des débats plutôt houleux, en restitue les enjeux et la portée. Réunion de sensibilités différentes, le congrès fut marqué par des affrontements autour du communisme, du concept de négritude… Tout en révélant les antagonismes opposant les élites africaines, américaines et antillaises, ce congrès a ouvert une brèche et permis la tenue, dix ans après, du premier Festival mondial des arts nègres. Et posé les bases d'un grand débat identitaire dont les résonances nous parviennent encore aujourd'hui. En recontextualisant sans cesse son propos, en faisant revivre les grandes figures intellectuelles de l'époque, Bob Swaim - le réalisateur de " La Balance " -réussit un film à la fois pédagogique et extrêmement vivant. (Télérama)

Cette émission fait l'objet d'un dossier pédagogique : http://www.cndp.fr/tice/teledoc/Mire/teledoc_noirs.pdf
La télévision des Shangaïens 11.5.2007 20:15 Arte 30 min. À Shanghai, la télévision reflète la principale préoccupation de la classe moyenne : gagner de l'argent. Pour preuve, le feuilleton Out to win (où une jeune fille part à la conquête de la Bourse), l'émission Fortune time (où des hommes d'affaires parlent des recettes de leur succès). Mais quand il s'agit de politique, les journaux télévisés restent bouche cousue, car seule la voix du Parti communiste a droit de cité. A découvrir avec des 13-18 ans. (Arte)
Une justice pour l’humanité

11.5.2007 23:25 France 3 55 min. Ce documentaire revient sur Klaus Barbie mais aussi sur l'importance de son procès en mai 1987, qui ouvrit la voie à une certaine idée de la justice internationale.

C'était il y a vingt ans pile : l'ouverture du procès de Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo lyonnaise, bourreau de Jean Moulin et de centaines de Juifs. Événement historique majeur : pour la première fois, en France, un homme était jugé pour " crimes contre l'humanité ". Et, pour la première fois, les audiences étaient intégralement filmées. Avec le recul du temps, Sylvie Cozzolino redonne la parole aux acteurs et témoins du procès (de nombreuses victimes, le procureur Pierre Truche, Serge Klarsfeld, des jurés…), pour reconstituer le rôle de Barbie dans la mécanique de l'extermination, retracer les grands étapes des audiences, en disséquer les enjeux.

Son film, émaillé d'archives poignantes, laisse une large place à la description de l'horreur : anciens résistants et civils rescapés se relaient pour égrener le récit des tortures subies, s'attardent sur l'épisode de la rafle des enfants d'Yzieu, dessinent le portrait d'un homme qui prenait un plaisir " satanique " à faire souffrir. Des témoignages faces auxquels l'argumentaire indéfendable de Jacques Vergès qualifiant Barbie de " victime expiatoire par trop commode d'un bataillon de la vengeance " paraît d'autant plus surréaliste. Élargissant son propos, le document évoque - un peu rapidement d'ailleurs - la portée d'un procès qui a contribué, plus de quarante ans après Nuremberg, à ouvrir la voie à une justice internationale, et surtout, permis à la France d'" expier enfin son passé vichyste ", en explorant, à travers les procès Touvier et Papon, la période de la collaboration. Pas de révélations ni d'éclairages inédits dans ce documentaire très pédagogiques. Juste la volonté affichée de rappeler l'importance de ce qui fut un véritable rendez-vous avec l'Histoire, et de perpétuer le devoir de mémoire, à l'heure où les derniers témoins vivants disparaissent peu à peu. A voir avec des 15-18 ans. (Télérama)